• Q 28

    QUESTION 28 Parce qu’une pensée filante peut s’incruster dans le moment, laisser une traînée blanche, descendre puis monter, monter puis descendre, et ainsi progresser avant de se dissiper. « Commence-t-on par se prendre les pieds ou la tête ». La question est posée et se pose en attente. La différence, subtile ou grossière. Le lien, confusément : descendant, ancré en terre ; puis montant, surfilant - faufilant un corps brouillard ou fumée… Parce que tu viens me voir, et tout à coup me dis : « Le plus important pour moi, c’est les pieds. (… ) Prendre son pied (… ). Moi, je suis les pieds.» Sans le vouloir tu tombes à pic, au vif du sujet, et fais réflexion. Parce que le lendemain, sans le savoir, ton amie dit, avec ses tripes: « C’est bon. Mais ça te fait exploser le ventre! », mon ventre explose à la vie. Ressuscite. Dans mon ventre, dans ma tête, dans ma poitrine. Comment avais-je pu oublier. ( Comme un saut à l’élastique, le trouble est violent. Libérant la joie…des retrouvailles, le rire…comme une farce à mes dépens, le plaisir de partager-progresser avec l’autre, excitant la curiosité et le désir d’aller jusqu’au bout des convergences possibles… ) Parce qu’alors, positivement ébranlée, je communique à la tablée mon turlupinage de tête et que, du tac au tac, une troisième répond en parole et en geste : « Entre : il y a le pied de nez », voilà la main qui met au point, sur la terre comme au ciel, élucidant encore, révélant en corps… le K.O. de l’esprit incapable de dépasser le bout de son nez! Et l’énigme, qui, prisonnière de mes résistances, se mordait la queue, semble en circulant, avec elles trois, se dissiper. Parce qu’on se prend la tête, puis les pieds. Les pieds, le cul par terre, tout entier on peut se relever. Parce que soudain je pense à toi qui n’est pas là, filant de l’individuel au social, je tombe dans un trou d’air. Parce qu’on se prend les pieds dans une relation, on peut totalement éviter de se rencontrer pour ne pas se prendre la tête. Et tout s’inverse autour du centre … par mégarde, où les mots nous entraînent-t-ils parfois ?

  • Commentaires

    Aucun commentaire pour le moment

    Suivre le flux RSS des commentaires


    Ajouter un commentaire

    Nom / Pseudo :

    E-mail (facultatif) :

    Site Web (facultatif) :

    Commentaire :