• QUESTION   15





    Parce que je n’ai ni regret ni espoir.
    Parce qu’en 2002, les deux sont aussi flous.
    Parce que, que se passe-t-il quand on ajoute toutes les lumières et toutes les ombres.
    Parce que l’œil droit sur la lumière et l’œil gauche dans l’ombre, devient-on fou.
    A transhumer sur la crête de son nez.

    Parce que dans trop de richesses un rien m’égare.

    Exemple, exemple immédiat : Comme Maître Corbeau, tenant dans mon bec un bon mot, je vérifie une orthographe, et devant mes yeux, alors que je suis bien perché sur ma branche, mon mot se casse en deux. Il y a la direction où je voulais aller sans bien la comprendre:  l’humus, la terre où les bêtes transhument ; et l’autre:  l’hum-hum de l’humain qui hume, et trans: au-delà… pulvérisés mon je et tous les mots qui allaient suivre. Le sens…

    Parce que toujours mon fil se dédouble.
     
    Parce qu’à chaque mot, beaucoup de morts et quelques survivants.                                    
    Parce que, jusqu’au prochain accident, sur quels chemins s’éparpilleront-ils…                  
    Parce qu’il n’y a pas de chance, il n’y a que du hasard.                                                       
    Parce que tous les chemins ne mènent pas à Rome.                                                             
    Everybody knows

    … sans regret sans espoir, te souviens-tu de nous, l’humain en transe qui danse comme un animal ?


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  • QUESTION   16





    Parce que dans cette maison je me situerai toujours en face du mur d’en face.

    Parce que c’est mon lieu.
    Parce que je m’y déploie de moi  vers l’infini non-moi, juste au-delà du mur.

    Parce que dans cette perspective, il y a ma vie résumée en une seule image. La seule image.
    Où je sens mon passé, vois mon présent, pressens mes avenirs possibles. Le début et la fin.
    Un tableau possible. Ma métaphore, ma mise à nu, mon contenu.

    Parce que le mur est important : c’est la deuxième surface d’envol.
    Souvent je m’y arrête. Parfois je saute et je décolle.
    Mais la fenêtre, sans la fenêtre…

    Parce que dans cette maison il y a cette fenêtre si intime…

    Je ne veux plus penser, juste regarder à travers…
    Trop tard. A la limite de basculer, d’être aspirée, je couvre mes yeux de mes paupières. L’obscurité de force. Pour rompre l’hypnotisme, ne pas sombrer dans l’obscur effet miroir. Obscène. Glacial. Intolérable. Parce que… Parce que maintenant j’ai peur

    … me visiteras-tu comme ces oiseaux qui traversent le cadre de la fenêtre, ou n’entendrais-je que ton chant ?


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  • QUESTION   17





    Parce que l’homme comme animal, peut se contenter d’être vivant pour se sentir vivant.
    C’est-à-dire, répondre à trois besoins : nourriture habitacle compagnon. Et être heureux.
    Parce que l’homme à la différence de l’animal, peut ne pas se contenter de vivre…

    Parce qu’en toute simplicité, l’homme comme une éphémère.
    Parce que le miracle est là, entre naissance et mort, à chaque extrémité, individuellement mais aussi à plus grande échelle, au long des millénaires, inscrit dans la terre…
    Parce que tu as l’âge de ta planète.
    Parce que partie du tout, ou rien.

    Parce que plus grand que l’homme il y a l’univers
                     plus grand que l’art il y a la nature
                     plus grand que le paraître il y a l’être

    Parce qu’il m’aura fallu plus de quarante ans pour comprendre l’expression «la vie est belle»,
    je reste stupéfiée.
    Parce que je ne prétends plus… me dénigreras-tu ?


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  • Q18

    QUESTION   18





    Parce que nous sommes de plus en plus submergés d’informations. Malgré nous en permanent état de siège.
    Parce que, même si nous ne croyons pas y être, nous y sommes. Le subliminal crève les yeux puis les oreilles. Nous sommes les rats de l’omnipotent laboratoire médiatique. Malgré nous dépersonnalisés en permanence.

    Moins que des rats, tous jusqu’aux décideurs, pire que des moutons,
    nous sommes les consommateurs.

    Parce qu’on s’étonne que notre société puisse péter les plombs, sans jamais s’inquiéter des pollutions de l’âme humaine,
    Parce qu’il n’y a plus d’humanisme sans mercantilisme,
    Parce que, pour être pris en compte, considéré, reconnu, on doit se vendre quitte à être un vendu, acheter et vendre, ainsi séduire, toujours et encore participer au grand tohu-bohu,
    Parce que, si tu ne prends pas la même voie, tu restes sans voix.

    Parce que, politique démente ou hypocrite, en tout cas manipulation.
    Moins que libres, tous égaux, pires que frères, nous sommes l’homo globalus mondialus.
    Parce qu’au sommet de l’évolution, il n’y a plus que Le Système.

    … les yeux dans les yeux, pourras-tu me dire que je délire ?


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  • QUESTION 19 Parce qu’il ne suffit pas de changer de fauteuil pour changer de point de vue. Parce qu’un pétard et après, tu restes une petite main. Parce que, si on n’avait pas peur, tout serait différent. Que ferais-je… Je ne peux même pas l’imaginer… L’existence spontanée Parce que Delepine a dit : « 2002: l’acte gratuit ». Puis, « Il faut utiliser la société pour la faire exploser ». Parce qu’ensemble pour la lutte finale, il faut être au moins deux mille pour renverser les mentalités ; ou deux : comme pour la boisson, l’ivresse … alors deuxième ou deux millième, m’entraîneras-tu en Chine ou en Espagne, moi le singe en hiver qui reste sur le quai ?

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