• QUESTION   10





    Parce qu’un beau jour, une nuit,
    près d’un lac, endormi, tu es bien, tu t’abandonnes…
    tu te promènes le temps qu’il te reste à vivre, et  les choses murmurent :
    tu bouges, tu bouges ; au revoir à l’ombre de toi, aux liens qui nous assemblent…

    Parce qu’un jour, près d’un lac, endormie,
    une nuit venant de nulle part comme miraculée, la solitude de pourpre et d’ombre :
    regarde-moi, tu vois bien que j’ai changé ;  pour faire des poèmes on ne boit pas de l’eau…

    Parce que moi fidèle,
    je veux l’entendre encore et encore,
    la chanson de la nuit et la chanson du jour, venant de nulle part,
    … toi la longue dame brune, au clair de la lune, me prêteras-tu ta plume ?


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  • QUESTION   11





    Parce que 2002 morphose-anamorphose,
    Qu’il faudra attendre cent dix ans pour être dans une situation pareille,
    Que les enfants que je connais seront morts et recyclés.

    Parce qu’entre toi et moi, il y a un infini, union de deux zéros.

    Parce que maintenant, je perçois la finitude du zéro, et son espace.
    Le zéro, c’est un espace aérien qui s’unit à la terre, une île entraînée dans le flot temporel,
    Une conscience volcanique en sommeil jusqu’à l’éveil, vital ou fatal.

    2002 :  être un zéro ou ne pas être
    …et toi le rouge-gorge, traversant mes hublots, sublimeras-tu ma joie iceberg ?


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  • QUESTION   12





    Parce que peut-être ce qui m’intéresse
    C’est plus l’écho des choses que les choses elles-même.

    Parce que peut-être ce qui m’intéresse
    C’est plus l’écho des mots que les mots eux-même.

    Parce que sans doute ce qui m’intéresse
    C’est plus l’écho des êtres que les gens eux-même.

    Parce que under your skin, c’est l’écho de ton visage qui me fascine.

    Parce qu’après être un zéro ou ne pas être,  il y a être un écho et disparaître.

    Parce que dans l’écho du silence, il y a le soleil sur ma joue.

    Je ferme les yeux et me laisse emporter
    Ici à ma place, de moi l’écho, mais pas seulement.
    La trace d’un avion à réaction dans le ciel

    … tous les garçons et les filles de mon âge se promènent-ils dans la rue deux par deux ?


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  • QUESTION   13





    Parce que je suis comme ce vieux mur de moellons en face.

    Parce que l’hiver déshabille.

    Parce que la vie s’insinue entre les pierres, dans les jointures.

    Parce que je suis, immobile et courant d’air, oiseau et insecte, traces de mousse.

    Parce que, silencieuse et bruissante, je suis ce vieux mur de moellons qui respire.
    Posée à même la terre et c’est déjà le ciel

    Parce que la mort me libèrera de mon propre regard
    Et de toutes mes pensées, parasites ou saprophytes, qui bourgeonnent ou s’enracinent.

    Parce que l’hiver, comme un miroir nu, augure.

    Parce que je suis déjà là dans cet alignement de trous noirs.
    Qui jadis ont contenu des poutres de bois et constitué un toit.

    Parce que l’avenir turbulent du monde m’indiffère.
    Je n’aime que les histoires et les fossiles vivants.

    … et toi,
    toi qui me crois morte,
    accepteras-tu un jour d’entendre et partager

    Que je n’ai jamais été aussi humblement vivante, et reconnaissante ?


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  • QUESTION   14





    Parce que je pourrais décider de passer ma journée dans la cuisine, face à la fenêtre,
    et rompre l’habitude,

    Parce que le soleil se lève à ma croisée, juste une heure après mon réveil, crevant les nuages,
    Il est midi. On pourrait y voir un message.

    Parce que le blanc s’allume, l’alchimie se produit, recouvrant d’or l’herbe rase, transmuant en
    perles d’argent, le gel, sur l’arbre unique, les roseaux, les feuilles mortes, les premières tuiles
    du mur d’en fa_ce

    Parce que j’ai failli écrire d’enfance. Parce que j’ai failli.

    Parce que sans cette infime distorsion d’espace-temps, j’aurais écrit : Je reste de diamant.
    Effet de style plus que de sentiment.

    Parce qu’ainsi j’ai perdu le bon-point qui m’aurait permis d’avoir cette image:
    dans un rai de lumière, sur un fil d’araignée incongru, un funambule invisible

    … me pardonneras-tu ?


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